Il y a six ans, je suis partie en Inde pour la première fois. J’étais au Kerala et je suis, bien sûr, allée au cinéma. Le film que j’ai vu était en Hindi uniquement, et durait pas loin de 3h… mais peu importe! Dans les films indiens, si on ne comprend pas la langue et qu’on passe à côté des blagues, on comprend l’histoire: bons et méchants, combats et histoire d’amour… Le film projeté ce soir là était “Dabaang” avec Salman Khan, et il reprenait par clin d’oeil des scènes de productions d’Hollywood, dans l’histoire et dans le montage. Toutefois, il ne s’agit pas d’une copie américaine: les décors, les personnages et tous les éléments de cette histoire sont bien locaux. Toutes les 20 minutes, les acteurs dansent et complètent l’histoire en chanson et en musique. C’est ce mélange qui fait le succès des films de Bollywood.

L’interaction avec la salle m’a aussi surprise: les indiens vivent leur cinéma. Ils acclament les héros, rigolent, se lèvent, applaudissent, répondent au téléphone… un vrai moment de vie. Mais cela ne s’arrête pas à la séance : le cinéma est le loisir numéro un en Inde, tous milieux sociaux, toutes castes confondues vont voir les mêmes films et admirent les mêmes acteurs. Pour ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un ticket, des cinémas clandestins s’organisent dans les immeubles. Les indiens ont donc un lien particulièrement fort à leur cinéma, il fait partie intégrante de leur culture : ils le regardent, le vivent, l’admirent, l’idéalisent. Les acteurs deviennent des quasis dieux qui représentent la société rêvée indienne.

Cette première expérience m’a conduite à m’intéresser de plus près à cette culture cinématographique particulière. Mon projet photo est donc né de cet intérêt grandissant, l’idée étant de partir en Inde pour comprendre un peu mieux le lien qui unit les indiens à leur cinéma.

En suivant différents tournages à Chennai, Bangalore et Mumbai, j’ai pu observer et photographier certains thèmes chers à la culture de ce pays et les remettre en parallèle avec la vie quotidienne des habitants de ces villes.

A travers des sujets tels que le travail, la nourriture, la richesse et la pauvreté, la famille, les croyances, divinités et religions, la parure, le textile… je me suis laissé guider, entre plateaux de tournage et rues indiennes, pour observer les similitudes et différences entre rêve cinématographique et réalité de cette culture si riche et contrastée.

Le premier chapitre de cette exposition s’ouvrira sur le monde du cinéma, puis dans la vie quotidienne des indiens. L’exposition propose de mettre en lumière les décors de films et les décors naturels, les “acteurs” (au sens large du mot) des tournages qu’ils soient devant ou derrière la caméra et les acteurs de la société indienne. Enfin la dernière partie propose de mettre en relation le lien que les indiens ont avec leurs divinités. Ces personnalités adulées peuvent prendre la forme de Ganesh, Shiva, Jesus mais aussi des acteurs les plus connus.



I went for the first time to India 6 years ago. I was in Kerala and, of course, I went to the cinema. The film I saw was in Hindi only, and lasted almost 3 hours … but who cares? In Indian films, if we do not understand the language and we’re missing jokes, the story is understandable: good and evil, fighting and love story … The film screened that night was « Dabaang » with Salman Khan, and he was doing scenes that would make you think about Hollywood productions, be it for through the story or through the editing. However, it is not an American copy: the script, the characters and all the elements of this story are adjusted locally. Every 20 minutes, the actors dance and complete the story in song and music. This mixture makes the success of Bollywood films.

The interaction with the audience also surprised me: the Indian live their movies. They cheer the heroes, laugh, stand up, applaud, answer the phone … a true moment of life. But that doen’t stop at the show only: the cinema is the hobby number one in India ; all social backgrounds from all castes will see the same films and admire the same actors. For those who can not afford a ticket, illegal cinemas are set up in buildings. Thus, Indians have a unique strong connection with their movies ; it is an integral part of their culture: they watch it they live it, admire it, idealize it. The actors reached that God status which symbolizes the dreamed Indian society.

This initial experience led me to show more interest in this particular film culture. My photo project is born of this growing interest, the idea being to go to India to understand better the connection between Indians to their cinema.

Throught differents shootings in Chennai, Bangalore and Mumbai, I could observe and click different themes that are strongly attached to the Indian culture and also compare them to the daily life of the local inhabitants.

Through topics such as work, food, wealth and poverty, family, beliefs, gods and religions, adornment, textiles … I let myself go, between film sets and Indian streets, so that I could observe the similarities and differences between cinematic dreams and reality of that culture, known to be so rich and varied.

The first chapter of this exhibition will start with the world of cinema, and in the daily lives of Indians. The exhibition aims to highlight the sets of films and the natural scenery, the « actors » (in a broad sense) of the sets, be it in front or behind the camera and the actors of the Indian society. Finally the last part tries to link the relationship that the Indians have with their deities. These adored personalities may take the form of Ganesha, Shiva, Jesus but also of the most famous actors.


Une exposition des photographies du projet aura lieu en Février 2016 au Welcome Bazar. N’hésitez pas à suivre l’actualité du projet via la page Facebook Lucygallery.

An exhibition of the photographs will take place at the Welcome Bazar in February 2016. Feel free to follow the news of the project on the Facebook page Lucygallery.