Lutz, a été passionné de photos très jeune. L’école et les diplômes c’était pas trop son truc, et pour lui l’essentiel est de pratiquer… Il est venu d’Allemagne en France pour travailler avec Just Jaeckin… qui, le temps qu’il change de pays, a oublié sa proposition… il a donc débuté au studio Daguerre, en faisant un tas de choses et en observant les photographes. Assez rapidement, il rencontre un photographe de mode, pour qui il sera assistant et qui le formera : Hans Feurer. Ils travailleront ensemble pour le Elle, Vogue, et bien d’autres magazines.

Quelques années après, mon père devenait photographe de mode a son compte. J’ai toujours vu mon père partir avec son matos photo à l’autre bout du monde et revenir avec des tas d’histoires et d’images, qui ont construit mon imagination, mon envie de voyage, mon goût esthétique… une éducation qui a forgée la personne que je suis aujourd’hui, avec mon travail, mes passions et mon univers artistique.

Les anecdotes de cette enfance sont nombreuses : avant ma naissance, ma chambre était la loge des mannequins et, Andy Macdowel, par exemple, s’y est maquillée, Grace Jones a joué au poker dans le salon où j’ai grandit. Ensuite, plus grande, j’ouvrais aux mannequins qui sonnaient à la porte de chez moi pour montrer leurs books (pas DU TOUT complexant quand on est ado!), et ensuite, en commençant à travailler sur la mode, je découvre que mon père a fait la photo de couverture du bouquin sur lequel je travaille. Des histoires, des anecdotes, il y en a plein, c’est le côté un peu « jet set » de l’histoire. Ceux qui connaissent mon père savent à quel point il n’est pas « jet set »…  Ce qu’il aime dans la mode ; c’est l’image, la couleur, les femmes aussi, forcement…

 

Alors, je voulais remercier mon père pour cet héritage qu’il m’a transmis : personnellement et professionnellement aussi : pour mon éducation à l’image, au regard, aux voyages et surtout, le goût d’être curieux des autres, des cultures, des univers qu’ils apportent et de ce que chacun peut transmettre. Mon père n’est pas un grand pédagogue, apprendre la technique photo avec lui n’est pas simple (quoique je dois l’avouer, il s’améliore avec le temps! Ou c’est peut être moi qui m’améliore avec le temps…)! Mais il m’a appris beaucoup plus, que de la « simple » technique. Et, même s’il n’est pas tout à fait d’accord, il a contribué, à sa manière et son niveau à imprimer sur papier glacé une partie de l’Histoire avec un grand H, histoire de la mode des années 80 et 90, une histoire du vêtement. Tout cela a un lien resserré avec l’histoire de notre société et d’une époque. C’est aujourd’hui une partie de mon métier que de transmettre, de manière pédagogique au musée des Arts Décoratifs, un morceau de cette histoire, … d’une certaine manière… la boucle se boucle!

Ah oui… avant de conclure : tout homme a une femme qui le soutient dans l’ombre, qu’on oublie injustement, trop souvent. Cette femme c’est ma mère, qui a soutenu et oeuvré pour la réussite de la carrière de mon père, mais aussi, elle a été LE pilier essentiel de notre famille. Alors, tout simplement merci à tous les deux : j’ai des parents extra-ordinaires.

 

Le travail de Lutz est visible sur son site : Lutz Winkelmann photographe